Французский авантюрист при дворе Петра I. Письма и бумаги барона де Сент-Илера — страница 66 из 72

ndgrave n’ozent point faire aucune démarché directe auprès de Sa Majesté Czarienne qu’ils ne sachent auparavant que ce monarque veuille entrer dans les mesures projetées, crainte de s’exposer auprès des Etats de Suède et de ses alliéz. Je puis dire à Votre Excellence qu’on est disposé à sacrifier les derniers et faire faire aux premiers tout ce qu’il conviendra à Sa Majesté Czarienne avec son secours, aux intérêts particuliers de la maison de Hesse Cassell. Je suplie très humblement Votre Excellence de m’honorer d’une réponse sous les adresses indiquées, au surplus, je me remet à ma première lettre. Je suis avec une parfaite vénération, Monseigneur, de Votre Excellence,

Le très humble et très obéissant serviteur

B [aron] de St Hilaire.

[Cassel] 24 février [1721].

ОПИ ГИМ. Ф. 3. On. «С». Д. 37. Д. 276-277

Перевод:

Милостивый государь,

я смею полагать, что Ваше превосходительство оказали мне честь ответить на письмо, которое я написал вам 10-го числа этого месяца на адрес господина агента Венденбурга. Опасение, что мое письмо, возможно, не достигло Вашего превосходительства, побуждает меня отправить дубликат с копией мемориала, который был к нему приложен. Я еще раз заверяю Ваше превосходительство, что существует искренний интерес привести это дело к завершению и предпринять сообща с Его царским величеством такие меры в общих интересах, которые будут приемлемы для обеих сторон.

Ни король, ни его отец, господин ландграф, не осмеливаются обращаться напрямую к Его царскому величеству, не будучи уверенными, что этот монарх готов входить в предлагаемые меры, из опасения разоблачения со стороны сословий Швеции и ее союзников. Я могу сказать Вашему превосходительству, что ради собственных интересов гессен-кассельского дома они готовы жертвовать последними и поступить с первыми так, как это будет удобно Его царскому величеству. Я смиреннейше умоляю Ваше превосходительство почтить меня ответом на указанные адреса, в прочем полагаюсь на свое первое письмо. С совершенным почтением, милостивый государь,

Вашего превосходительства нижайший и покорнейший слуга,

Барон де Сент-Илер.

[Кассель], 24 февраля [1721].

N.° 67 Сент-Илер — королю Фредрику I, осень 1720 г.

Sire,

La confiance que Vôtre Majesté me fait la grâce de me témoigner, me fera mettre tout en usage, pour ne point démentir la juste opinion quelle peut avoir de moy, sur mon attachement pour son auguste personne, et aux intérêts de la Serenissime Maison de Hesse Cassel.

Voicÿ, Sire, un petit projet que j’aÿ fait, qui peut dévenir serieux et facile à executer, si l’affaire est negoçiée avec tout le secret qu’un [e] pareille affaire demande.

Votre Majesté a fait la paix avec les princes d’Allemagne qui étoient en guerre avec la Suède, par les soins infinis qu’elle s’est donnés pour parvenir à cette heureuse fin.

Il ne luÿ reste présentement qu’à le faire avec le Czar, pour la félicité de la Suède, et pour la gloire de Vôtre Majesté. Le roÿ d’Angleterre a promis des merveilles pour ÿ contribüer: mais jusqu’aujourd’huÿ, si je l’ose dire, n’a fait qu’amuser Sa Majesté. Il ÿ a à craindre qu’il ne fasse de même à l’avenir, pour réduire la Suède de luÿ céder Wismar: car c’est là, Sire, son unique objet.

Sa Majesté n’ignore, je crois, pas, les negoçiations que le Czar fait faire avec succès à la Cour de Vienne. Ce prince, qui est aussi habile que sage, s’est fortifié auprès de l’empereur des griefs que celuÿ-cÿ peut avoir contre luÿ, sur le sujet du Czarevitz son fils.

Il a offert à l’empereur de faire proclamer les [ill.] de ce malheureux prince et neveu de l’imperatrice régnante [ill.] Czar presomtif de la Moscovie, et une alliance offensive et défensive, avec la stipulation d’une mutuelle assistence contre tous ceux avec qui l’empereur pourroit avoir guerre.

Je crois que Sa Majesté trouvera de grands [obstacles] d’obtenir du secours chés les princes d’Allemagne, pour [l’]aider à chasser le Czar de la mer Baltique, et les confiner dans [de] nouvelles limites; quoique leurs intérêts le demanderoient, ce que la Suède ne sçauroit faire toute seule. Ainsi, la continuation de la guerre avec ce prince deviendra de plus en plus onereuse à la Suède, et contraire aux intérêts particuliers de Vôtre Majesté.

Touts ceux qui ont eu l’honneur d’aprocher le Czar, et qui l’ont examiné autant de près que j’aÿ fait, asseureront à Sa Majesté que ce prince ne souhaite rien tant que de faire la paix avec la Suède, et d’entrer dans des étroites mesures avec elle, preferab[le] avec toute autre puissance. Sur ces principes, il est certain [que] ce prince pourroit se relâcher de beaucoup en sa faveur, s’il voyoit qu on agit de bonne foÿ avec luÿ, et sans autres vües que celles de vos intérêts communs.

Les démarches que le Czar fait aujourd’hui à la Cour de Vienne ne sont certainement pas forcées, tant par la conjoncture du tems; la situation de ses affaires ; que par le nombre d’ennemis qu’il croit avoir en Europe.

Tout le monde sçait, Sire, qu’il traite dépuis longtems un mariage de sa fille ainée avec le Duc de Holstein, et que bien des gens veulent supposer que ce mariage est arrêté; ce qui deviendroit prejudiciable à Vôtre Majesté et aux intérêt, de la Sérénissime Maison de Hesse Cassel.

Mon opinion seroit, Sire, que Vôtre Majesté ne différât point de faire traiter sous main une paix séparée avec Sa Majesté Czarienne et un mariage avec le prince George, vôtre frère, et la fille ainée de ce monarque; faire céder les duchés de Courlande à ce prince en faveur de ce mariage, et asseurer la succession à la Couronne de Suède à vôtre Sérénissime Maison ; ne doutant point que Sa Majesté Czarienne n’agit de concert avec Vôtre Majesté pour parvenir à cette heureuse fin. Je crois qu’alors, S Sa Majesté Czarienne rendroit à la Suède toutes ses conquêtes, excepté l’Ingrie, Narva et son territoire seulement. Enfin, Sire, je crois encore que la situation de vos affaires, et l’état présent où la Suède se trouve, vous demandent une paix avec ce prince et prendre avec luÿ toutes les mesures que vous croiré vous être réciproquement necessaires ; en ce cas, vous deviendriés, Sire, Vôtre Majesté et le Czar, les arbitres de toute l’Europe.

Je suplie très humblement Sa Majesté d’examiner avec attention cette affaire, et la faire examiner à la Cour de Cassel; mais ne la communiquer qu’à gens dont Sa Majesté sera asseurée de leur fidélité. Je m’asseure qu’elle est compatible à la situation présente de ses affaires, et au système de Sa Majesté Czarienne. Sa Majesté préviendra par là toutes les cabales et intrigues que le duc de Holstein peut avoir, tant dans le dedans que dans le dehors du royaume de Suède, et finira une guerre très onereuse à la Suède.

1e. Sa Majesté le roÿ de Suède offrira d’entrer dans toutes les mesures que Sa Majesté Czarienne croira necessaire pour leurs intérêts particuliers.

2e. Qu’en faveur du mariage à faire avec la princesse Czarienne et le prince George, le duché de Courlande luÿ sera cédé en propriété de la même manière que ces princes et ducs de ce nom l’ont possédé jusqu’aujourd’huÿ. Sa Majesté Czarienne se chargera d’en faire donner l’investiture de conformité [par les Etats] et la republique de Pologne: bien entendû, que cette section sera tant pour le dit prince George, que pour ses enfants mâles issus du mariage avec la princesse Czarienne, qui succéderat à la Couronne de Suède; et au deffaut d’heritiers mâles, la dite section sera pour toujours, et à perpétuité aux princes régnants de la Serenissime maison de Hesse Cassel, qui succéderont aussi la Couronne de Suède, de maniéré que le dit duché de Courlande apartiendra pour toujours et en propriété aux Princes de la Maison de Hesse Cassel, qui régneront en Suède.

3e. Le prince Georges et ses enfants mâles succéderont au Serenissime prince Frédéric à présent roÿ de Suède; à son deffaut, le prince ainé et heritiers de la dite Maison Hesse Cassel.

4e. Sa Majesté Czarienne s’oblige de prendre toutes les [mesures] necessaires avec Sa Majesté le roÿ de Suède et le Serenissime landgrave de Hesse Cassel, pour établir la dite succession du royaume de Suède et du duché de Courlande de conformité; et pour engager les états du royaume de S[uède] à l’établissement de la sus dite succession. Sa Majesté Czarienne rendra à la Suède les conquêtes qu’elle a fait: sçavoir la Livonie, l’Estonie; et le duché de Finnlande entièrement. La province d’Ingrie, et la ville de [Narva] et son territoire seulement seront cédées à Sa Majesté Czarienne ne.

5e. Lorsqu’on aura convenü de tous les fait[s], et pris [avec] le Czar le[s] moyens convenable [s], pour l’execution de toutes choses, on pourra convenir d’une suspension d’arme [s de] ces deux Etats, et d’un lieu pour ÿ établir un congrès où les ministres suédois et russiens se rendront pour la conclusion du dit traité. Sa Majesté Czarienne s’obligera d’engager les Etats pour que la sus dite succession de la Couronne de Suède soit reconnüe des conformités.

On pourra inviter telle puissance (la France suffiroit) et même seroit bon de la faire agir de concert dans ces négociations de l’Europe que les parties jugeront necessaires: tant pour employer leur bons offices, que pour la garantie du dit traité.

NS. Autrement on pourroit engager Sa Majesté Czarienne de s’intéresser auprès de la republique de Pologne pour faire succéder le prince George au roÿ Auguste, et d’établir la succession de la Couronne de Suède en faveur du prince Guillaume; en ce cas, le duché de Courlande resteroit en propriété au prince George, et ses heritiers.

B [aron] de St Hilaire.

Stockholm ce 19 [?]bre 1720.

ОПИ ГИМ. Ф. 3. Оп. «C». Д. 37. Л. 283-287 об.

Перевод:

Сир,

доверие, которое Ваше величество мне милостиво выказывает, принудит меня употребить все силы, дабы ничем не опровергнуть благосклонное мнение, которое Вы можете иметь обо мне, о моей привязанности к Вашей августейшей особе и интересам